Le CELESTENE 0,05 pour cent est une solution buvable en gouttes à base de bétaméthasone, un corticoïde de synthèse prescrit notamment chez l’enfant pour traiter des réactions inflammatoires ou allergiques aiguës. Un surdosage accidentel, souvent lié à une erreur de comptage des gouttes ou à une double administration, génère une inquiétude légitime. La conduite à tenir dépend du type de surdosage (ponctuel ou répété) et des signes cliniques observés.
Surdosage ponctuel ou surdosage chronique de bétaméthasone : une distinction déterminante
Les sources de pharmacovigilance distinguent clairement deux situations qui n’exposent pas aux mêmes risques. Confondre les deux conduit soit à une panique inutile, soit à une sous-estimation du danger réel.
L’accident ponctuel
Une prise unique supérieure à la dose prescrite, par exemple une double dose administrée par inadvertance le même jour, correspond à un surdosage aigu isolé. Pour les corticoïdes oraux comme la bétaméthasone, ce type d’accident reste peu documenté en termes de toxicité aiguë grave. Le risque principal est une exacerbation temporaire des effets connus du médicament.
L’exposition répétée au-delà des doses prescrites
Le surdosage chronique, lui, survient lorsqu’un enfant reçoit des doses trop élevées pendant plusieurs jours ou semaines. C’est cette situation qui expose aux effets systémiques les plus préoccupants, notamment le risque d’insuffisance surrénalienne à l’arrêt du traitement. Les glandes surrénales, mises au repos par l’apport extérieur de corticoïdes, peuvent ne plus produire suffisamment de cortisol naturel.
La suite de cet article se concentre sur le surdosage accidentel ponctuel, celui qui survient typiquement quand un parent réalise qu’il a donné deux fois la dose de CELESTENE gouttes à son enfant.

Double prise de CELESTENE gouttes chez un enfant : les gestes immédiats
Après avoir constaté une double administration, la première chose à faire est de noter l’heure exacte de chaque prise et la quantité totale ingérée (nombre de gouttes). Ces informations seront réclamées par tout professionnel de santé contacté ensuite.
- Ne pas provoquer de vomissement : la bétaméthasone en solution buvable est absorbée rapidement, et faire vomir un enfant comporte ses propres risques (fausse route, irritation de l’oesophage)
- Ne pas administrer de dose supplémentaire d’un autre médicament pour « compenser » ou « neutraliser » le corticoïde
- Ne pas sauter la prochaine prise prévue sans avis médical, surtout si le traitement dure depuis plusieurs jours (un arrêt brutal de corticoïdes peut lui-même poser problème)
Dans la majorité des cas, une double prise isolée de CELESTENE gouttes ne provoque pas d’intoxication grave. La notice officielle (ANSM) indique de contacter son médecin ou son pharmacien en cas de prise d’une dose supérieure à celle recommandée. La prise en charge reste symptomatique.
Signes d’alerte : quand appeler le centre antipoison plutôt qu’attendre
La littérature de pharmacovigilance et d’information toxicologique sur les corticoïdes insiste sur l’orientation vers un centre antipoison en cas d’ingestion excessive, plutôt qu’une simple surveillance passive à domicile. La question n’est pas de savoir si le surdosage est « grave en théorie », mais de repérer les signes concrets qui justifient un appel.
Signes qui justifient un appel au centre antipoison
Certains symptômes, même s’ils restent rares après une prise unique excédentaire, doivent déclencher un appel immédiat :
- Vomissements répétés dans les heures suivant la prise, surtout chez un nourrisson ou un jeune enfant
- Convulsions ou mouvements anormaux
- Modification du comportement marquée : agitation inhabituelle, somnolence excessive, confusion
- Troubles du rythme cardiaque perceptibles (pouls très rapide ou irrégulier)
Le numéro des centres antipoison en France est accessible via le site des centres antipoison régionaux. Lors de l’appel, communiquer le nom exact du médicament (CELESTENE 0,05 pour cent, solution buvable en gouttes), le poids de l’enfant, la quantité ingérée et l’heure de la prise.
Quand la surveillance à domicile suffit
Si l’enfant ne présente aucun des signes ci-dessus dans les deux à trois heures suivant la double prise, que son comportement reste normal et qu’il s’agit bien d’un épisode isolé, la situation ne relève généralement pas de l’urgence. Un appel au médecin traitant ou au pharmacien reste néanmoins recommandé pour adapter les prises suivantes.

Erreurs de posologie fréquentes avec CELESTENE gouttes en pédiatrie
La forme gouttes du CELESTENE est particulièrement sujette aux erreurs de dosage chez l’enfant, pour des raisons pratiques autant que de compréhension de l’ordonnance.
La confusion la plus courante concerne l’unité de prescription. Le médecin prescrit un nombre de gouttes par kilo de poids corporel. Si le poids de l’enfant est mal reporté ou si le parent multiplie par le mauvais chiffre, l’écart peut être significatif. Une autre source d’erreur vient de la pipette elle-même : compter les gouttes en conditions réelles (enfant agité, lumière insuffisante) est moins précis qu’on ne l’imagine.
La double administration survient souvent dans les foyers où deux adultes s’occupent de l’enfant sans se coordonner. Un parent donne la dose le matin, l’autre la redonne une heure après sans savoir que la première prise a déjà eu lieu. Un système de marquage simple (cocher sur l’ordonnance, note sur le réfrigérateur, alerte téléphone) réduit considérablement ce risque.
Effets indésirables des corticoïdes oraux à surveiller après un surdosage
Les effets indésirables des corticoïdes comme la bétaméthasone sont dose-dépendants et durée-dépendants. Après un surdosage ponctuel, les effets observables restent en principe limités et transitoires.
L’enfant peut présenter une augmentation temporaire de l’appétit, une légère rétention hydrique ou une agitation passagère. Ces manifestations s’estompent avec l’élimination du médicament par l’organisme.
La situation serait différente en cas de surdosage répété sur plusieurs jours. Les effets systémiques des corticoïdes administrés au-delà des doses recommandées incluent des troubles métaboliques, une fragilisation osseuse et, comme mentionné plus haut, un risque d’insuffisance surrénalienne à l’arrêt. Cette distinction entre accident isolé et exposition prolongée est le point de repère le plus fiable pour évaluer la gravité réelle de la situation.
Le réflexe le plus utile après un surdosage accidentel de CELESTENE gouttes reste le contact direct avec un professionnel de santé (médecin, pharmacien ou centre antipoison), en fournissant les données précises de la prise. L’absence de symptôme immédiat ne dispense pas de signaler l’incident, car le suivi des prises suivantes peut nécessiter un ajustement.

