Une douleur du côté droit du ventre qui revient plusieurs fois par mois pose un problème diagnostique précis : la zone abrite le foie, la vésicule biliaire, l’appendice, le côlon ascendant, le rein droit et, chez la femme, l’ovaire droit. Identifier l’organe responsable exige un enchaînement d’examens structuré, où chaque étape dépend du résultat de la précédente. Voici le protocole d’examens applicable en 2026 pour des douleurs côté droit du ventre récurrentes.
CT abdomino-pelvien injecté : l’examen de première ligne chez l’adulte
Traditionnellement, l’échographie abdominale était proposée en premier pour explorer une douleur abdominale droite. Les critères d’appropriateness mis à jour par les sociétés de radiologie nord-américaines ont repositionné le protocole : chez l’adulte présentant une douleur récurrente en fosse iliaque droite, surtout si elle s’accompagne d’un syndrome diarrhéique chronique, le scanner abdomino-pelvien avec injection de produit de contraste est désormais classé « usually appropriate » comme examen initial.
Ce choix s’explique par la capacité du CT injecté à explorer simultanément plusieurs pistes en un seul passage : anomalies appendiculaires, atteinte de l’iléon terminal (maladie de Crohn, par exemple), diverticules du côlon droit et pathologies urologiques comme un calcul rénal enclavé dans l’uretère droit.
Le CT injecté ne remplace pas l’échographie dans tous les cas. Pour une douleur localisée sous les côtes droites (hypocondre) avec suspicion biliaire, l’échographie reste pertinente en première intention. La distinction entre douleur haute et douleur basse guide le médecin vers l’examen le plus adapté.

Scintigraphie HIDA : dépister une dyskinésie vésiculaire quand l’échographie ne montre rien
Une situation fréquente frustre patients et médecins : l’échographie abdominale revient normale, sans calcul visible, alors que la douleur sous-costale droite persiste après les repas. C’est ici qu’intervient un examen encore peu connu du grand public francophone.
La scintigraphie HIDA avec stimulation par CCK (cholécystokinine) mesure la fraction d’éjection de la vésicule biliaire. Elle détecte deux pathologies que l’échographie ne peut pas voir :
- La dyskinésie biliaire, où la vésicule se contracte mal sans qu’aucun calcul ne soit présent, provoquant des douleurs récurrentes après les repas gras
- La cholécystite acalculaire, une inflammation de la vésicule sans lithiase, souvent chronique et sous-diagnostiquée
- Un obstacle fonctionnel sur le canal cystique, invisible en imagerie morphologique standard
Dans un protocole 2026, la scintigraphie HIDA se positionne en deuxième ligne après une échographie négative ou équivoque, à condition que la suspicion clinique reste forte. Ce rôle plus systématique de l’HIDA en seconde intention est rarement détaillé dans les parcours de soins francophones.
IRM biliaire (MRCP) et exploration de la voie biliaire principale
Lorsque le médecin suspecte une lithiase de la voie biliaire principale (le canal cholédoque), ni l’échographie ni la scintigraphie ne suffisent. Le protocole prévoit alors une IRM avec séquences MRCP (cholangio-pancréatographie par résonance magnétique).
Cet examen sans injection visualise l’arbre biliaire et le canal pancréatique avec une résolution suffisante pour repérer un petit calcul enclavé dans le cholédoque. L’alternative, selon la disponibilité de l’appareil, reste le CT injecté, mais l’IRM présente l’avantage de ne pas irradier le patient.
La MRCP est particulièrement utile quand les douleurs côté droit du ventre s’accompagnent d’un ictère intermittent (jaunissement passager de la peau) ou d’anomalies du bilan hépatique. Un bilan sanguin perturbé oriente vers la MRCP avant toute autre imagerie complémentaire.

Imagerie de contrôle après un épisode d’appendicite compliquée
Un angle souvent oublié dans les articles grand public concerne le suivi après appendicite. Un patient ayant eu un épisode d’appendicite compliquée (avec abcès ou perforation) et qui présente ensuite des douleurs récurrentes en fosse iliaque droite nécessite une approche spécifique.
Le protocole 2026 recommande, dans ce contexte, une imagerie de contrôle systématique à distance de l’épisode initial. L’objectif est d’écarter un abcès résiduel, une sténose cicatricielle ou une pathologie de voisinage masquée par l’épisode aigu initial. Sans ce contrôle, des douleurs récurrentes risquent d’être attribuées à tort à des adhérences post-opératoires bénignes.
Causes gynécologiques et urologiques : quand élargir le bilan
Chez la femme, des douleurs abdominales droites basses récurrentes justifient une consultation chez le gynécologue. L’ovaire droit peut être le siège de kystes fonctionnels récidivants ou d’une endométriose profonde touchant le ligament utéro-sacré droit. Une échographie pelvienne endovaginale complète le bilan abdominal.
Pour les deux sexes, le rein droit et son uretère sont aussi des sources de douleurs droites récurrentes. Les symptômes à rechercher :
- Douleur irradiant vers le flanc droit ou la région lombaire, évoquant une colique néphrétique
- Brûlures mictionnelles ou sang dans les urines, orientant vers une pathologie urologique
- Douleur cyclique chez la femme, synchronisée avec le cycle menstruel, pointant vers une cause ovarienne
Un examen cytobactériologique des urines et une échographie rénale s’intègrent au protocole dès que la piste digestive ne suffit pas à expliquer les symptômes.
Ordre logique du protocole et rôle du médecin traitant
Le médecin traitant reste le point d’entrée. L’examen clinique (palpation, auscultation) et le bilan sanguin de base (NFS, CRP, bilan hépatique, lipase) orientent la suite. Selon la localisation précise de la douleur abdominale droite et les résultats biologiques, le parcours se structure ainsi :
Douleur basse récurrente en fosse iliaque droite : CT abdomino-pelvien injecté en première intention, puis coloscopie si le scanner montre une anomalie colique ou iléale. Douleur haute sous-costale : échographie abdominale d’abord, puis scintigraphie HIDA si l’échographie est normale, puis MRCP en cas de suspicion biliaire persistante.
Un traitement symptomatique sans diagnostic précis ne résout pas des douleurs récurrentes. L’enchaînement des examens doit suivre une logique d’élimination progressive, chaque résultat négatif déclenchant l’étape suivante plutôt qu’un retour à la case départ.
Le délai entre les examens compte aussi. Des semaines d’attente entre deux étapes diagnostiques prolongent l’errance médicale. Demander au médecin un calendrier prévisionnel du bilan permet de garder une vision claire du parcours de soins.

