La grille salaire aide soignante catégorie B 2026 structure une rémunération qui s’étale sur 12 échelons, depuis le traitement brut de départ jusqu’au sommet de la classe supérieure. Ce que la grille seule ne dit pas, c’est l’écart réel avec les autres professionnels soignants une fois les primes intégrées. C’est précisément ce que cet article mesure : les montants par échelon, leur comparaison avec infirmiers et auxiliaires de puériculture, et les variables qui creusent ou réduisent les différences.
Grille indiciaire aide-soignante catégorie B : les montants par échelon en 2026
Depuis le 1er janvier 2022, les aides-soignants de la fonction publique hospitalière relèvent de la catégorie B, avec une grille sur 12 échelons. Le point d’indice est fixé à 4,92 EUR depuis le 1er juillet 2023.
| Échelon | Indice majoré | Traitement brut mensuel |
|---|---|---|
| 1er | 379 | 1 865 EUR |
| 2e | 393 | 1 934 EUR |
| 3e | 410 | 2 017 EUR |
| 4e | 432 | 2 125 EUR |
| 5e | 453 | 2 229 EUR |
| 6e | 478 | 2 352 EUR |
| 7e | 503 | 2 475 EUR |
| 8e | 529 | 2 603 EUR |
| 9e | 555 | 2 731 EUR |
| 10e | 580 | 2 854 EUR |
| 11e | 607 | 2 986 EUR |
| 12e | 631 | 3 104 EUR |
Ces montants correspondent au traitement indiciaire brut, hors primes. Le passage de l’échelon 1 à l’échelon 12 représente une progression brute d’environ 1 239 EUR mensuels, soit une amplitude significative sur une carrière complète.
La classe supérieure, accessible après promotion, ouvre une grille distincte avec des indices majorés plus élevés à chaque échelon. Elle constitue le principal levier de progression en fin de carrière pour les aides-soignants qui ne basculent pas vers un autre corps.
Primes aide-soignante 2026 : CTI Ségur, IFSE et indemnités de sujétion
Le traitement indiciaire brut ne représente qu’une partie de la rémunération réelle. Plusieurs primes s’y ajoutent de façon quasi-systématique dans la fonction publique hospitalière.
- Le complément de traitement indiciaire (CTI), issu du Ségur de la santé, s’élève à 183 EUR nets mensuels pour les aides-soignants éligibles. Son versement dépend du type d’établissement : il faut vérifier l’éligibilité selon le cadre d’exercice, notamment pour les structures médico-sociales où les règles diffèrent.
- L’IFSE (indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise) remplace plusieurs anciennes primes dans le cadre du RIFSEEP. Son montant varie selon le groupe de fonctions et l’établissement.
- Les indemnités de sujétion spéciale couvrent les nuits, dimanches et jours fériés. Elles peuvent ajouter plusieurs centaines d’euros par mois selon le planning, avec un impact direct sur le net perçu.
- Le complément indemnitaire annuel (CIA) est versé en fin d’année selon la manière de servir, sans montant fixe garanti.
Un aide-soignant débutant à l’hôpital public, avec le CTI inclus, perçoit environ 1 950 EUR à 2 050 EUR nets mensuels selon les sources disponibles. En fin de carrière, le net se rapproche de 2 370 EUR hors majorations de nuit et de week-end.

Comparaison avec les autres métiers soignants : infirmiers, auxiliaires de puériculture, aides médico-psychologiques
Le classement en catégorie B place les aides-soignants dans la même strate statutaire que d’autres corps paramédicaux. La comparaison la plus pertinente porte sur le traitement brut de début de carrière et les indices en fin de grille.
| Corps | Catégorie | Brut débutant (hors primes) | CTI Ségur |
|---|---|---|---|
| Aide-soignant (FPH) | B | 1 865 EUR | 183 EUR nets |
| Infirmier (FPH) | A | Supérieur (catégorie A) | 183 EUR nets |
| Auxiliaire de puériculture (FPH) | B | Comparable à l’AS | 183 EUR nets |
| Aide médico-psychologique (FPH) | B | Comparable à l’AS | Variable selon structure |
Les infirmiers, classés en catégorie A depuis la réforme LMD, bénéficient d’une grille indiciaire supérieure à celle des aides-soignants sur l’ensemble de la carrière. L’écart de traitement brut se creuse progressivement avec l’ancienneté, indépendamment du CTI qui est identique pour les deux corps dans les établissements éligibles.
Les auxiliaires de puériculture et les aides médico-psychologiques relèvent eux aussi de la catégorie B, avec des grilles proches de celle des aides-soignants. L’éligibilité au CTI varie pour les AMP selon la nature de la structure qui les emploie, ce qui peut produire un écart net mensuel même entre agents de même catégorie.
Secteur privé et intérim : ce que la grille catégorie B ne mesure pas
La grille de la fonction publique ne s’applique pas au secteur privé. Les établissements privés à but lucratif et les EHPAD associatifs relèvent de conventions collectives distinctes, avec des niveaux de rémunération qui ne suivent pas les mêmes mécanismes d’indexation.
En intérim, le taux horaire affiché est généralement plus élevé qu’en poste fixe. Cette différence compense l’absence de certaines primes stables (CIA, progression automatique d’échelon, cotisations retraite selon les mêmes règles). La comparaison brute entre un taux horaire intérim et un traitement indiciaire mensuel est donc trompeuse si l’on ne tient pas compte de l’ensemble des éléments de rémunération différée.
Un point structurel distingue aussi les secteurs : la progression automatique par échelon dans la FPH garantit une revalorisation régulière sans renégociation, ce qui n’existe pas dans le privé où l’évolution salariale dépend des politiques internes d’établissement.
Lire la fiche de paie aide-soignante : brut, net et cotisations
Le passage du brut au net suit les règles de cotisations sociales de la fonction publique hospitalière. Les cotisations retraite (CNRACL), la CSG et la CRDS représentent l’essentiel des prélèvements, avec un taux global qui réduit le brut d’environ 15 à 20 % selon la situation.
Le CTI de 183 EUR est versé net : il n’est pas soumis aux mêmes cotisations que le traitement indiciaire, ce qui en fait un complément particulièrement favorable en termes de pouvoir d’achat réel. Cette spécificité distingue la rémunération post-Ségur de la simple revalorisation indiciaire.
Pour deux aides-soignants au même échelon, un planning avec plusieurs nuits et week-ends peut produire plusieurs centaines d’euros de différence mensuelle. Le planning est donc une variable salariale à part entière, au même titre que l’échelon ou la classe.
La comparaison entre la grille aide-soignante catégorie B et les autres corps soignants montre que l’écart principal ne tient pas au CTI, identique pour la plupart des agents hospitaliers, mais à la catégorie statutaire – A pour les infirmiers, B pour les aides-soignants et corps assimilés – et aux modalités d’exercice qui conditionnent les primes variables.

